الصفحة الرئيسية  ثقافة

ثقافة Spectacle de théâtre chorégraphique « Mille et une feuilles » de Imed Jemaa: Basta ! Il faut que ça change

نشر في  28 نوفمبر 2021  (13:09)

Le spectacle de théâtre chorégraphique « Mille et une feuilles » de Imed Jemaa, présenté récemment à la salle le quatrième art au centre-ville de Tunis est une sorte de cri silencieux. Un cri qui fait l’écho de toute l’absurdité de la sourde et froide société dans laquelle on vit et plus particulièrement l’absurdité de l’administration et de sa folle paperasse et rigide organisation.

Le chorégraphe Imed Jemaa, nous fait part de ce propos fait de désillusion, d’incompréhension et de refus à travers une mise en scène qui allie une chorégraphique de corps aliénés par un système qui tue toute dynamique émancipatrice ou créatrice, à la symbolique de l’objet. En effet la danse s’entremêle à l’aberration de "la chose administrative", pour ne pas dire au cauchemar administratif, tels que l’armoire, la caisse, le dactylographe, les tampons, les mille et une feuilles exigées et autres dossiers et calculatrices pour exprimer une idée essentielle, celle d’un malaise qui ne peut plus être supporté.

 Non un malaise passager et provisoire, mais un malaise profond à l’égard d’une société dominée par la technologie et dont les êtres ont perdu leur humanité. L’aliénation en a fait d’eux des êtres sans âme, sans empathie. Le metteur en scène exprime cette idée générale au début de la pièce théâtrale notamment à travers les scènes de transport public où les fonctionnaires deviennent de quasi automates accrochés à leurs téléphones portables sans aucun autre horizon possible.

Le constat de cette société est amer et la musique qui l’accompagne suggère toute la violence inhérente à une société en rupture avec ce qu’elle peut avoir de plus précieux c’est-à-dire l’écoute de l’autre et le désir d’amoindrir les difficultés ou les problèmes qu’il rencontre. La pièce s’attelle donc à dessiner non seulement une société qui n’est plus à l’écoute de ses citoyens, de ses artistes, mais qui fait tout pour étouffer tout élan créatif, pour détruire les rêves et les projets les plus prometteurs.

« Mille et une feuilles » de Imed Jemaa est surtout un geste chorégraphique et un reagrd critique porté sur la société et la bureaucratie tuante et malfaitrice. « Votre monde est moche, je vous le montre sous vos yeux car je ne veux pas y prendre part » pourrait dire le metteur en scène pour amener le spectateur à une forme de prise de conscience qui appellerait à mettre fin au massacre de l’humain au nom des règles aveugles de l’administration et des lois dénuées de sens. « Basta, il faut que ça bouge, que ça change. On ne peut plus supporter cela car l’artiste s’étrangle, ne peut plus créer avec ces mille et une feuilles demandées, ces attentes infinies, cette paperasse qui rendrait fou n’importe quelle personne » pourrait dire encore le concepteur de la pièce.

Ré-humaniser, revoir, assouplir, écouter, soutenir, accompagner, comprendre l’être et l’artiste seraient « les mots d’ordre cachés » que la pièce « Mille et une feuilles » n’a pas évoqués ouvertement mais qu’elle a plutôt insinués pour pousser vers un changement vital et nécessaire pour que puisse s'envoler en liberté les mille et une feuilles de l'arbre de l’épanouissement et de la création.

Ont pris part à cette pièce chorégraphique Malek Zouaidi, Khouloud Ben Abdallah, Intissar Ben El haj Khelifa, Marwen Erwin, Kais Boulaares, Houssem Eddin Achouri, Souhail Ben Saad et Imed Jemaa.

Chiraz Ben Mrad